SPÉCIALMOBILITÉ PROFESSIONNELLE – QUITTER PARIS. Mobilité professionnelle : ils ont quitté Paris, ils racontent. Comment convaincre son patron pour qu’il accepte que vous partiez en JeanLuc Delarue présente un nouveau magazine produit par sa société, Réservoir Prod. L'animateur a choisi un sujet devenu, depuis trois ans, un Elodieet Guillaume sont deux Français qui vivent depuis plusieurs années en Australie. L'année dernière, au début de la crise du Covid-19, Reykjaviken Islande. La capitale est le passage obligé des voyageurs solitaires souhaitant explorer le pays. L'Islande est la destination idéale pour les amoureux de nature et d'activités de plein air. Avant de vous rendre dans une autre région, vous pouvez profiter de la convivialité du lieu et faire de belles rencontres. Ilsont quitté la Gironde pour vivre au Vanuatu. Lecture 1 min. Accueil Culture Télévision. Léa et Marc, trentenaires à la vie bien rangée, ont tout quitté pour partir à Noushabitons en Belgique et ma femme et moi voulons allez vivre dans le sud de la France, nous avons 48 et 49 ans,ma femme est au chômage depuis peux et moi je suis invalide depuis + ou - 12 ans et je le resterai le restant de ma vie. donc je suis payer par la mutuelle.Maintenant qu'il n'y a plus de frontière,est t'il possible pour moi de continuer à . Tout plaquer pour vivre sous les tropiques ? Oui c’est possible ! Retrouvez ici le témoignage de personnes qui ont sauté le pas et se sont installés en Guyane. Célibataire, couple ou famille, ils vous disent tout sur leur nouvelle vie au soleil. Si vous souhaitez témoigner, n’hésitez pas à nous envoyer un email à . Cette page sera régulièrement mise à jour. Pour ne rien manquer, pensez à vous abonner à notre page Facebook ou à rejoindre notre groupe “Voyager et vivre au soleil“. Lire les autres témoignages dans les DOM-TOM Vivre en Guyane ils vous disent tout ! Découvrez à travers ces témoignages, le quotidien de ces français qui ont tout quitté pour vivre en Guyane. Joie ou désillusion, ils reviennent sur leur projet et leur nouvelle vie sous les tropiques. Surtout qu’un tel départ implique forcément quelques préparatifs entre la recherche d’un emploi, d’un logement et le déménagement, on peut vite déchanter ! Sans oublier l’installation et la vie bien après. L’éloignement avec la famille et les amis, l’intégration dans un nouvel environnement avec une histoire et une culture différente, la vie chère … Tous ces paramètres sont à prendre en compte avant toute décision. Et oui, être en Guyane pour les vacances ou pour y vivre, ce n’est pas du tout la même chose ! En tout cas, pour beaucoup d’entre eux si vous leur posez la question, ils vous répondront qu’ils n’échangeraient pour rien au monde leur vie en Guyane. Témoignage d’Audrey en Guyane depuis 1 an Le 23 janvier 2019 Bonjour, peux tu te présenter et nous dire pourquoi tu as choisi la Guyane ? Bonjour Marjorie, je m’appelle Audrey et j’ai 31 ans. Je viens de Nîmes dans le sud de la France. Je suis arrivée en Guyane il y a presque 1 an en février 2018, pour démarrer une nouvelle vie. J’ai eu envie de quitter la métropole, car cela faisait des années que j’étais à Nîmes. J’avais envie de bouger, de voir autre chose et en plus je n’aime pas le froid. J’étais également dans une période où mon travail ne me plaisait plus 8 ans en tant que commerciale, je voulais un métier plus humain, avec une réelle éthique. J’avais envie de tout plaquer ! J’ai choisi la Guyane après avoir fait un voyage là bas il y a 2 ans pour voir des amis qui se sont justement installés à Saint Laurent suite à une mutation professionnelle. J’ai eu un gros coup de cœur pour cette région la nature, les gens, la culture, les paysages grandioses … Es tu parti sur un coup de tête ou as tu préparé ton projet ? Suite à ce voyage, j’ai pris le temps de réfléchir aux possibilité qui s’ouvraient à moi. Je suis revenue un an plus tard, toujours en vacances, pour voir si la Guyane me faisait toujours le même effet. Et ce fut une évidence ! Mêmes frissons à l’arrivée, même émerveillement, même tristesse au moment du départ. Dans ma tête, la décision était prise. Il ne restait qu’à concrétiser ce projet. Pour ça, il me fallait trouver un travail dans un secteur d’activité qui n’était pas le mien. Je cherchais à me reconvertir professionnellement. Me voici donc sur le site de Pôle Emploi en favoris sur mon ordinateur, recevant chaque jour des offres d’emploi diverses et variées. La tâche n’était pas facile surtout en postulant si loin. Après de nombreux refus et de nombreuses demandes sans réponses, j’ai perdu confiance. Finalement, c’est sur les réseaux sociaux que j’ai trouvé l’offre d’emploi que je cherchais un poste dans l’éducation qui un milieu associatif donc pas dans l’éducation nationale qui réunie tout ce que je cherche humainement et professionnellement parlant. Après quelques mails et un entretien sur skype, en moins d’une semaine j’ai reçu une réponse positive de l’employeur ! J’étais folle de joie. Le lendemain même j’étais dans le bureau de mon directeur pour déposer ma démission. Ayant 2 mois de préavis à faire avant de partir, voilà le délai que j’avais devant moi pour préparer mon départ. Comment s’est passé ton déménagement ? J’avais 2 mois pour préparer mon départ mettre en location ma maison, me débarrasser de mes affaires … J’ai vendu la plupart de mes meubles car je ne suis partie qu’avec 3 valises. Bye bye les meubles et les vêtements d’hiver quelle satisfaction cette partie-là !!!. J’ai pris la décision de ne pas emmener mon chat avec moi, lui qui n’est ni vacciné ni pucé. Et oui, monsieur est un chat d’intérieur qui ne connait pas la rue. Il est donc parti chez mes parents qui prennent bien soin de lui. J’ai également stocké quelques affaires que je ne pouvais pas prendre mais que je ne voulais pas vendre chez ma famille en métropole comme mes papiers, mes albums photos, quelques vêtements d’hiver pour d’éventuelles vacances de Noël en métropole… Comment s’est déroulée ton installation ? As tu trouvé facilement un logement ? Deux mois plus tard à l’aéroport de Cayenne, je débarquais avec mes 3 valises sous le bras. Direction Régina, un tout petit village de l’est guyanais. Question logement, j’ai eu la chance d’avoir une maison en colocation mise à disposition par mon employeur. Heureusement car ce n’est pas évident de trouver un hébergement en dehors des grandes villes », surtout que les loyers sont élevés. Personnellement, je ne ferais pas le choix d’un appartement en Guyane, le climat fait qu’ici on vit essentiellement dehors. Je trouve ça dommage d’être enfermé dans un appartement sans jardin. Et ton travail ? Je travaille donc depuis presque un an à Régina, dans un poste qui me passionne et dans lequel je m’enrichis chaque jour. C’était quitte ou double » car c’était un métier que je ne connaissais pas du tout, que je n’avais jamais pratiqué, mais qui s’est révélé comme une évidence pour moi. Pour les trajets, que peux tu nous dire là dessus ? Dès mon arrivée, je me suis achetée une voiture d’occasion. Il y a beaucoup d’offres sur internet mais attention c’est beaucoup plus cher qu’en métropole. Il y a peu de routes en Guyane qui sont, selon les zones, en plus ou moins bon état. Il y a aussi des bouchons dans les grandes villes comme Cayenne ou Kourou pendant les heures de pointe. Côté vie sociale, t’es tu intégrée facilement ? J’ai trouvé les gens très accueillants à mon arrivée. Dans mon petit village de 500 habitants, je retrouve vraiment un esprit de convivialité, une politesse incroyable et une réelle gentillesse. Est-ce la même chose à Cayenne ? Je ne sais pas du tout. Toujours est-il qu’en un an en Guyane, je ne me suis jamais sentie rejetée. Je n’ai absolument pas eu de mauvaise expérience avec les gens. Regrettes tu d’être partie en Guyane ? Pas une seule fois je n’ai regretté mon choix. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seule seconde ! Je pense que la Guyane, soit on l’adore soit on la déteste. La vie y est certes très chère on prend vite peur les premières fois où l’on fait les courses. Mais finalement on s’adapte, on mange local, on fait les marchés et on dit bien évidemment au revoir à certains produits. Mais quel régal de manger des fruits exotiques toute l’année, de trouver du poisson frais à des prix vraiment attractifs et de laisser ses orteils à l’air libre toute l’année !! Question insécurité, il faut vraiment éteindre vos postes de télévision, arrêter de regarder certaines émissions qui dépeignent la Guyane comme une région extrêmement violente et être conscient que c’est comme partout. Il y a certains quartiers, tout comme en métropole, où on évite de se balader la nuit tout simplement. Quant aux moustiques, je ne trouve pas qu’il y en ait tant que ça. Pas plus du moins que dans certaines régions du sud de la France. Certains soirs, ils sont de sortie mais rien d’extraordinaire. Un peu d’anti-moustique et on est tranquille. Je ne prends aucun traitement contre le pal, et je ne connais aucune personne dans mon entourage qui en prend également. Que peux tu nous dire sur la Guyane ? La Guyane, personne ne vous croira », un slogan tellement vrai ! Avant de poser les pieds ici, je n’aurais moi-même jamais pensé que c’était ainsi. La Guyane ce sont des paysages incroyables avec des nuances de vert exceptionnelles. Certains parlent de l’enfer vert, moi je dirais plutôt que c’est un paradis vert. Monter dans une pirogue et naviguer sur un des fleuves a été mon plus grand coup de cœur. J’en éprouve toujours le même plaisir encore aujourd’hui surtout si ça se fini avec une nuit en hamac dans un carbet en pleine forêt à écouter et à observer les animaux. La faune est splendide il ne faut pas s’arrêter aux mygales et aux serpents, loin de là. Je n’ai d’ailleurs fait que 2 petites rencontres avec des serpents en un an ! Et aucune mygale ! Après, il faut prendre conscience que pour croiser des des animaux, il faut vraiment les chercher. Ne vous attendez pas à voir une mygale dans votre maison ou un serpent au fond de votre lit sauf peut-être si vous habitez en pleine forêt. J’ai par contre rencontré des paresseux, toucans, aras, tatous … Il y a aussi des endroits incontournables en Guyane comme les îles du Salut, un lieu paradisiaque malgré sa sombre histoire ou encore les marais de Kaw. Il y a aussi des moments magiques comme celui d’assister à un lancement de fusée ou avoir la chance de voir une tortue luth pondre sur la plage. Et côté voyage ? De la Guyane, il est très simple de voyager au Brésil et au Suriname à des prix très raisonnables voir pour vraiment pas cher si on ne choisit pas l’avion. Par contre pour les autres destinations, les prix sont carrément indécents ! Je pense que c’est vraiment le point négatif que j’ai pu voir depuis que je suis là. Je m’imaginais déjà parcourir toute l’Amérique du Sud, facilement et pour pas cher mais ce fut la douche froide. La Guyane est très mal desservie et les billets ne serait-ce que pour rentrer en métropole sont exorbitants. Pour vous donner un exemple, pas moins de 1 000 euros l’été pour un aller-retour Cayenne / Paris. Et ça peut vite monter à 1 500 euros pour les vacances de Noël. Le mot de la fin, que peux tu conseiller aux personnes qui envisagent de venir en Guyane ? Malgré ce dernier détail négatif, ce que je peux dire aux gens ? Foncez » ! Car la vie ici est beaucoup plus douce, moins stressante et surtout moins polluée par la société de consommation. Je rêve d’élever mes futurs enfants en Guyane, de leur apprendre la Vie avec un grand V, au contact de la nature, de la simplicité de la vie et des nombreuses cultures présentes ici. Merci Audrey pour ton témoignage ! Vous en avez marre de vivre à Paris, et voulez partir vivre ailleurs ? Quitter Paris pour la province, changer de vie, c’est possible, mais il y a 5 pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. Les voici Nota La presse a relayé ce point de vue Je rencontre TRES SOUVENT des personnes qui travaillent à Paris et qui en ont assez. Assez des prix de l’immobilier. Assez du métro-boulot-dodo. Assez d’une qualité de vie insuffisante. Assez de ne vivre que pour leur job. C’est ce que confirme une étude Cadremploi 86% des cadres d’Ile de France pensent à quitter Paris. Je trouve cela très sain. Mais il y a un mais. Quitter Paris Faites ce que je dis, pas ce que je fais Et oui, c’est comme les bonnes résolutions beaucoup aimeraient quitter Paris mais la plupart ne le font pas. Parmi tous ceux que j’ai rencontré ces dernières années, certains ont réussi leur projet, d’autres non. Et les erreurs sont souvent les mêmes. Du coup, j’ai établi les 5 pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. Piège n°1 Idéaliser sa nouvelle vie Vous avez remarqué qu’on pense souvent que l’herbe est toujours plus verte ailleurs ? Que le voisin a une plus belle vie que la sienne ? Et bien ce n’est pas vrai le monde idéal dans lequel vous vous projetez n’existe pas. Changer de vie pour viser mieux, oui. Mais changer pour viser le paradis, vous allez surement être déçu. Soyez donc réaliste par rapport à votre situation votre vie comporte des points positifs et des points négatifs. Mais tout n’est pas noir parole d’ancien parisien. Ne croyez pas que quitter Paris règlera tous vos problèmes. Piège n°2 Agir sur un coup de tête Je connais quelques personnes qui ont décidé de quitter Paris et leur job parisien sur un coup de tête. N’ayant pas préparé leur mobilité, la plupart se sont retrouvés désoeuvrés dans leur nouvelle région… et beaucoup sont revenus à Paris. Donc, préparez votre projet à l’avance. Piège n°3 Écouter ses parents Cette remarque ne plaira pas aux parents… Honnêtement, la plupart des parents, parce qu’ils aiment leurs enfants, les souhaitent en sécurité . Et donc leur conseillent de faire des choix “sans risque”. Et cela ne veut pas dire qu’ils ont raison. Si vous voulez choisir votre vie, vous allez devoir prendre un minimum de risques…et cela ne plaira pas à vos parents ! Piège n°4 Etre irréaliste sur sa recherche d’emploi Vous êtes consultant en stratégie chez McKinsey depuis 10 ans, et vous voulez partir vivre dans le Larzac ? Il va falloir changer métier. C’est aussi simple que ça certains métiers sont très “parisiens”, et on ne trouve pas facilement l’équivalent ailleurs. Exemple ? Bosser pour le siège d’une banque; Travailler dans les médias journaliste…, travailler pour un ministère, etc… Tous ces métiers n’ont pas vraiment leur équivalent dans une ville de province. Et je connais beaucoup de personnes qui galèrent car elles ne réalisent pas qu’elles auront du mal à trouver le même job. Donc passez tout en revue votre job, votre salaire, et le potentiel du bassin d’emploi de la région que vous visez. Il peut y avoir des belles opportunités A Toulouse, on ne fait pas de voiture… mais on fait des avions ! A Nice, il n’y a d’industrie… mais il y a du tourisme ! Piège n° 5 Attendre Celui là, c’est le pire. Autant il ne faut pas agir sur un coup de tête, autant je ne crois pas aux projets à 5 ans. Si vous êtes vraiment décidé à quitter Paris, il faut que ce soit effectif dans maximum 1 à 2 ans. Sinon vous ne le ferez pas. Votre premier ennemi, c’est vous même ! L’action, c’est ce qui différencie une envie d’un véritable projet. Donc, agissez. Et plus vous êtes jeune, plus ce sera facile de changer de vie ! Pour résumer Quitter Paris Les 5 pièges dans lesquels il ne faut pas tomber Piège n°1 Idéaliser sa nouvelle vie Piège n°2 Agir sur un coup de tête Piège n°3 Écouter ses parents Piège n°4 Etre irréaliste sur sa recherche d’emploi Piège n° 5 Attendre Bref, j’encourage tous ceux qui veulent quitter Paris à le faire. Mais pas n’importe comment et pour de bonnes raisons. Et vous ? Trouver un job hors de Paris Credit photo Trouver sa voie coaching gratuit d'une semaine Un guide PDF + les 7 paroles de la formule magique 100% Confidentiel, 0% Spam, parole de Chris ! Le Monde Afrique Attirés par un salaire plus attractif, une meilleure qualité de vie et des carrières plus prometteuses, de nombreux Congolais de la diaspora retournent sur leur terre d’origine après leurs études. Dans le sens inverse des mouvements migratoires actuels. La première impression, c’est qu’il y a tout à faire ici, s’enthousiasme Emile, 42 ans, senior manager d’Ecobank, élue meilleure banque au monde des pays émergents » et banque de l’année 2014 » sur le continent africain. C’est un sentiment fort de participer à quelque chose dont le potentiel est énorme, de construire une nouvelle Afrique, un meilleur Congo… » Comme lui, après un séjour plus ou moins long en France, Magalie, 27 ans, et Rycky, 64 ans, ont fait le choix de tout quitter pour faire partie du renouveau de la République démocratique du Congo RDC, ancienne colonie belge. Ce mouvement migratoire dans le sens inverse des stéréotypes enchante les multinationales, contribue à la création de commerces par les locaux et favorise la formation d’une nouvelle élite. Une destination privilégiée par sa diaspora Avec son potentiel de salaires attractifs, de postes à responsabilité, de balades pittoresques et de cours de tennis, le rêve congolais séduit de nombreux candidats. Devenue une terre d’opportunités, la RDC est une destination privilégiée par sa diaspora. Riche en ressources naturelles et convoitées par les entreprises étrangères, elle est au centre des préoccupations énergétiques, politiques et économiques. Tout le monde vient gagner de l’argent au Congo, alors pourquoi pas nous ? » se disent tous les Franco-Congolais candidats à l’expatriation. Diplômés d’institutions européennes et nord-américaines, comme l’université des sciences et technologies de Lille 1, HEC Montréal ou encore l’université de Liverpool, ils sont attirés par leurs racines et ne considèrent plus leur départ avec inquiétude. Relocalisé en Grande-Bretagne avec sa famille, Emile loge désormais au Grand Hôtel de Kinshasa, en attendant la venue de son épouse et de ses trois enfants. La France devient une destination de vacances, pour se faire soigner » et manger ses plats préférés à volonté. Lire aussi Rentrer ou rester, le dilemme des cerveaux » africains diplômés des grandes écoles françaises Bana Poto », Djika », Bana Mikili » Ba pros »… autant d’appellations pour désigner en lingala, la langue locale, cette nouvelle clientèle qui a les moyens. A 20 dollars les 10 fraises, les 4 tomates et le paquet de céréales », l’Europe semble loin… Ce retour est un plus pour sa propre évolution, ne serait-ce que d’un point de vue socioprofessionnel et identitaire. Ce mouvement est difficile à chiffrer il n’y a pas de politique de retour de la diaspora par le gouvernement, mais je ne pense pas qu’il en ait vraiment les moyens », analyse Sarah Demart, chercheuse en sociologie à l’université de Liège, spécialisée sur la question de la diaspora congolaise en France et en Belgique depuis dix ans. La différence de rémunération importante avec l’Europe, le niveau de vie plutôt bas, les avantages en nature et l’absence d’impôts sur le revenu sont des critères non négligeables pour envisager le retour au pays ou l’expatriation. Lire aussi Recrutement en Afrique quatre entreprises dévoilent leurs plans Locataire d’une maison située dans la commune huppée de La Gombe, à Kinshasa, Magalie profite avec son conjoint de ce cadre de vie privilégié. Après son master d’économétrie obtenu à Paris XVII et une année d’alternance au service de statistiques d’Air France, partir pour Kinshasa s’est présentée pour elle comme une évidence. Si on veut pouvoir espérer, être carriériste, vouloir évoluer sans stress et ne pas recevoir des courriers de mauvaises nouvelles dans sa boîte aux lettres, il faut s’expatrier, dit la jeune responsable des statistiques du service finance contrôle de gestion de la banque Rawbank. Le Congo est un pays chaleureux, où il est bon de vivre et de s’épanouir. » La diaspourri » À l’inverse de leurs aînés, détenir la nationalité française, belge ou américaine n’est plus un passeport pour l’obtention de postes à hautes responsabilités. Ce passe-droit a longtemps laissé un goût amer chez les locaux. Qualifiés par les Kinois de diaspourri » après la chute du régime de Mobutu en 1997, leur comportement politique n’était pas différent de celui des mobutistes partisans du dictateur en matière de gestion de biens publics, par exemple, mais aussi en matière d’arrogance », ajoute la sociologue. Lire aussi Les expats » en Afrique, une espèce en voie de disparition Je ne pense pas que le fait que je sois Français m’ouvre des portes, assure Emile. Ce sont mes compétences, et ma nationalité n’a rien à voir. Il en sera de même pour un Américain. » Les connaissances acquises durant les études et la durée des stages – de 3 à 18 mois – de l’enseignement supérieur français sont de réelles valeurs ajoutées. Les salaires sont très attractifs mais varient d’une personne à une autre. C’est à cause de cette variation que cela reste tabou, continue Magalie. Deux personnes au profil équivalent ne gagneront pas la même chose, et la différence, d’une entreprise à une autre, peut varier de 50 %. » Il n’existe donc pas de réglementation unique sur ce marché de l’emploi qui est avant tout celui des multinationales, ce que déplorent les nationaux n’ayant pas étudié à l’étranger. Certains chercheurs parlent même de multicrise » ou de crise totale de l’ampleur » pour qualifier la situation congolaise. Rycky, coordinateur du programme de gouvernance au sein d’une ONG internationale américaine, préfère rester lucide sur la fragilité de son pays d’origine. Très actif dans le milieu associatif pour les migrants en France et détenteur d’un doctorat en psychologie de la faculté de Lille 1, il vit en RDC depuis plus de dix ans. Les opportunités sont là, mais il est impératif de contribuer à la recherche de la paix et au développement intégral du pays », rappelle-t-il. S’il est une chose sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est que le rêve congolais n’est pas accessible à tous. Amanda Winnie Kabuikucontributrice Le Monde Afrique

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